Vue d'avion d'un village et ciel bleu

L’accompagnement en Assistance
à Maîtrise d’Usage

La maîtrise d’usage désigne les démarches d’intégration des usagers (habitants, associations, professionnels, agents publics, élus, …) et tout autre acteur du territoire qui a une voix à porter dans le projet de réhabilitation du bâtiment public.

L’assistance à maîtrise d’usage désigne toutes les formes d’accompagnement d’une maîtrise d’ouvrage publique afin d’intégrer la maîtrise d’usage dans le processus de projet.

Les projets de rénovation impliquent assez peu les usagers des bâtiments qui les utilisent au quotidien. Il peut même arriver que des projets soient peu satisfaisants pour les usagers, ou qu’ils aient été conçus de manière peu pratique. Il était donc important de mettre en place une méthodologie pour intégrer les usagers au processus, depuis la conception du projet, jusqu’à la phase d’exploitation.

Différentes méthodologies sont proposées.

La première consiste, pour les accompagnateurs de collectivités (SDE, ALEC, …), à proposer directement eux-mêmes un accompagnement aux communes.

Ce projet est expérimenté et mis en place par l’Agence Régionale de l’Énergie et du Climat Occitanie, via le dispositif QUB (Qualité d’Usage du Bâtiment). Le module QUB vise à intégrer les usagers dans les premières phases de la rénovation des bâtiments publics : concertation, etc.

L’Agence Locale de la Transition Énergétique du Rhône (ALTE69) propose aussi ce type d’accompagnement, de l’émergence du projet de rénovation jusqu’à l’exploitation. Cela passe par :

  • le questionnement des usagers en phase amont ;
  • une attention particulière en phase programme ;
  • un suivi de la prise en compte des remontées des usagers en phase conception ;
  • et une phase importante de prise en main du bâtiment en phases chantier et réception.

L’ALTE69 développe aussi un cahier des charges d’exploitation/maintenance qui intègre des prestations en lien avec les usagers (explication du fonctionnement des installations, sensibilisation, etc.).

L’AGEDEN (Association de Gestion Durable de l’Énergie en Isère) travaille en particulier sur la phase amont en invitant les parties prenantes du projet à se questionner sur leurs choix d’aménagement, et bâtir un projet de rénovation « économe » et sobre, qui réponde aux besoins des usagers. Cela passe par une phase de concertation importante. L’AGEDEN travaille en étroite collaboration sur ce sujet avec le CAUE de l’Isère, les deux structures ayant des compétences complémentaires.

Le SYANE (Syndicat des Energies de la Haute-Savoie) a choisi, quant à lui, de passer par des prestataires spécialistes de l’AMU pour accompagner les communes du département. Il a ainsi créé un cahier des charges de consultation d’AMU pour les projets de rénovation, en partenariat avec le réseau AMU France. Ce cahier des charges, ainsi qu’une vidéo de présentation, sont disponibles sur le site du projet, ici.

Il est difficile, en étant aussi proches des élections municipales, de trouver des projets de rénovation en phase de démarrage, et donc de tester les outils dans les phases amont du programme.

Les communes peuvent aussi être frileuses à l’idée d’intégrer des usagers dans le processus de rénovation, en créant des attentes difficiles à satisfaire ou en retardant des projets contraints par le calendrier. Elles peuvent aussi ne pas voir l’intérêt de la démarche, à priori.

Il est essentiel de souligner qu’un projet de rénovation énergétique est rarement uniquement « énergétique » : il s’agit de remettre en état, ou en valeur, un patrimoine ; parfois de changer sa fonction. Quitte à mettre beaucoup d’investissement dans un bâtiment pour des dizaines d’années, autant faire un projet qui satisfasse les usagers et anticipe des besoins futurs, en posant les bonnes questions : y a-t-il un problème de confort d’été ? Les besoins sont-ils bien définis ? Est-il possible de mutualiser des espaces, d’accueillir de nouvelles fonctionnalités ? Certains projets sont réalisés par effet d’opportunité, sans réfléchir aux usages et sans interroger les problématiques déjà présentes dans le bâtiment, et présentent par la suite des problèmes qui auraient pu être anticipés : par exemple, des bâtiments rénovés inutilisables en été parce qu’il y fait trop chaud, ou trop bruyants…

En fin de projet, tous les outils développés par les partenaires seront disponibles sur le site du projet BAOBAP, et présentés. Il y aura aussi des webinaires en février, mars et avril pour présenter les travaux de l’ALTE69, de l’AGEDEN et du SYANE.

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